Le cyanotype, c’est quoi ?
Un cyano-quoi ? Petite plongée dans une technique photographique née en 1842, à mi-chemin entre la science et la poésie.
Une technique née en 1842
Le cyanotype est un des premiers procédés photographiques, créé en 1842 par John Herschel. Il permet d’obtenir des images monochromes bleues. Le procédé consiste à déposer un produit (composé de citrate d’ammonium ferrique et de ferricyanure de potassium) sur un matériau organique, puis à l’exposer aux UVs (donc au soleil !) pour obtenir, après rinçage, un tirage cyanotype en bleu de Prusse et blanc.
Il a notamment été utilisé par Anna Atkins, botaniste amatrice, pour créer des herbiers et recenser 800 espèces de plantes aquatiques et terrestres, des algues aux fougères.


Un procédé magique
Le papier enduit de produit est exposé au soleil, rincé à l’eau, puis oxydé par l’air pendant 24h pour obtenir un bleu soutenu. En résumé, chaque cyanotype est une impression solaire, façonnée par la succession des éléments.
Le cyanotype a aussi une capacité régénérative ! Il peut s’éclaircir et tirer vers le cyan (un bleu moins profond et plus « vert » que son bleu initial) suite à une longue exposition au soleil direct, mais il suffit de le placer dans la pénombre et à l’air libre pendant quelques jours pour que son bleu retrouve toute son intensité. La technique du cyanotype permet donc une conservation exceptionnelle sur le long terme !
Et en pratique ?
Je crée mes propres négatifs, parfois sous forme d’illustration digitale, parfois grâce à d’autres techniques, puis je tire mes cyanotypes à la main, un à un. De cette façon, je peux utiliser un même négatif pour faire plusieurs tirages dont le motif est identique, exactement comme en photographie.
Cependant, chaque pièce est rendue unique par le procédé lui-même et les nombreuses étapes nécessaires à la réalisation d’un tirage : le geste d’apposition de la chimie sur le papier, la quantité de produit appliquée, les nuances de bleu du tirage qui varient en fonction de l’intensité lumineuse, du temps d’exposition aux UVs et du type de papier utilisé.
J’ai choisi de ne pas les numéroter afin de les rendre plus abordables, sachant qu’à mon échelle, les quantités resteront toujours limitées.
… Donc ce sont des originaux ?
Grâce à ce processus, tous les tirages cyanotypes sont des originaux. Ils ne sont jamais parfaitement identiques, même lorsqu’ils ont le même motif, à la différence d’un print ou d’un tirage photo qui sont répliqués de manière parfaitement semblable.